Select Page

La couverture de change. Voici une option financière lors des investissements en devise que peu de gens connaissent. Thibaut Muster explique de quoi il retourne, et l’intérêt de cette couverture.

Un dispositif pour les transactions internationales 

La couverture de change est un dispositif financier à portée des entreprises pour couvrir les risques de variations de taux de change à perte dans leurs contrats de vente internationaux.

Elle vaut également pour les investisseurs : la couverture de change leur permet d’acheter ou de réserver des titres sur la base d’objectifs précis en bloquant les taux des liquidités.

Le dispositif peut en soi opter pour des stratégies de protection plus ou moins complexes, selon la nature de la transaction.

Le gestionnaire de portefeuille ou l’entreprise qui investit peuvent sécuriser ainsi leur exposition aux mouvements de devise en leur défaveur.

Exemple concret 

Prenons un exemple.

Un investisseur européen ou une entreprise X souhaite investir 1 million de dollars américains dans un fonds ou des obligations américaines. Or notre investisseur X a des raisons de craindre que la devise américaine évolue en sa défaveur. Il peut donc passer par une couverture de change pour se protéger contre les pertes.

À condition que l’investisseur instaure sa couverture correctement, si le dollar américain fluctue en sa défaveur, la valeur de son investissement n’en subira pas les répercussions, et l’impact des fluctuations de la devise est neutralisé.

Si la transaction est retardée, ou à date projetée même un an plus tard par exemple, le prix des obligations américaines restera le même, il ne perdra pas (ni ne gagnera) au niveau de la valeur de sa transaction. La valeur est comme figée, nonobstant ce qui peut advenir au marché des devises (Forex).

On peut instrumentaliser la couverture de change de deux façons.

  • Soit la couverture est « opportuniste » et l’acquéreur ne se protège que s’il sent « le vent tourner » en sa défaveur. C’est un choix purement tactique. Par exemple, notre investisseur X veut investir dans plusieurs pays avec plusieurs devises. En France, aux USA et au Japon. Il n’a pas de crainte particulière pour l’Euro et le dollar américain, mais a des doutes sur le fait que le yuan japonais pourrait perdre de la valeur. En quel cas il peut ne pratiquer une couverture de change que sur la transaction en yuan, et pas sur les deux autres.
  • Autre façon de faire maintenant. Le mandat peut être intégralement conclu sous le principe de couverture de change. Quel que soit la devise ou le fond, les valeurs ne seront aucunement impactées par le Forex. 

Le marché des devises, difficile à maîtriser

On a déjà vu par le passé le marché des devises connaître des évolutions rapides en montagne russe. Un portefeuille non couvert peut donc potentiellement connaître d’énormes variations de valeur. Mais sur le long terme, qu’il soit couvert ou non, le portefeuille finira par se stabiliser. Le choix de la couverture de change est donc partiellement dépendant de l’optique de l’investissement dans le temps.

Acheter des fonds ou obligations étrangères dans plusieurs pays permet de diversifier ses avoirs pour notre investisseur X. Le petit investissement supplémentaire lié à la couverture lui permet de sécuriser sa stratégie. Évidemment, il faudra compenser avec des frais de gestion moins élevés (ce qui par ailleurs est un conseil assez universel, couverture de change ou pas !).

Même pour les plus grands observateurs, prévoir à l’avance des fluctuations du Forex est très difficile. Les portefeuilles couverts offrent des résultats plus homogènes.